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Les lettres de Chion d'Héraclée
et la littérature épistolaire antique
analyse textuelle et traduction



Le texte qui nous est parvenu sous le titre Επιστολαι Χιωνος a été conservé dans 33 manuscrits, les plus anciens datant du XIVe siècle. Beaucoup contiennent aussi d’autres recueils de lettres, attribués à Démosthène, Eschine, Platon, Théophraste, Aristote, Lysis, Phalaris, Pythagore, etc. Quelques-uns ne présentent que des fragments des Lettres de Chion. La littérature épistolaire en général, et les Lettres de Chion en particulier, ont peu attiré l’attention des spécialistes, mis à part les lettres attribuées à des auteurs célèbres comme Isocrate ou Platon. On les a vite jugées suspicieuses. Elles ne présentaient donc plus d’intérêt historique, et leur aspect littéraire a longtemps été négligé. Seuls quelques savants, notamment en Allemagne, leur ont accordé une attention, comme Sykutris qui leur a consacré un article très complet dans la Realencyclopädie en 1931. Le cas des Lettres de Chion ne fait pas exception. Depuis les travaux de A. G. Hoffmann et J. T. Cober en 1816, et malgré l’édition de toute la littérature épistolaire grecque par R. Hercher en 1871, les études sur ce texte sont restées peu nombreuses. Il faut attendre Ingemar Düring en 1951 pour avoir une nouvelle édition du texte, traduit en anglais et copieusement annoté et commenté.

Pour effectuer la première traduction intégrale en français que nous proposons ici, nous avons pris comme édition de base celle d’I. Düring, corrigée, en certains points, par Q. Cataudella. Nous avons fait notre profit en consultant les traductions déjà existantes (en latin, anglais et italien) et leurs commentaires, et en les critiquant. Nous nous sommes efforcés de préciser en note tous les choix de traduction discutables qu’il a pourtant bien fallu faire. Nous avons cherché à faire une traduction qui soit correcte du point de vue du sens et de la grammaire, et en même temps aussi agréable à lire qu’il était dans nos moyens de le faire. Le lecteur jugera.

La plupart des études antérieures ont pour point commun de ne se consacrer qu’à deux aspects du texte : son authenticité, avec toutes les remarques sur la langue et sur l’histoire qui en résultent, et les notions philosophiques qu’il contient. Malgré les travaux de D. Konstan & Ph. Mitsis, P. Rosenmayer, et N. Holzberg, dont les approches sont plus narratives, un commentaire proprement littéraire du texte, à nos yeux, faisait défaut. C’est pourquoi il nous a semblé important de situer les Lettres de Chion dans une perspective d’histoire littéraire, en donnant un aperçu de la littérature épistolaire grecque dans laquelle cette œuvre s’inscrit très clairement. Nous revenons aussi sur la querelle de l’authenticité du texte puisque certains savants contemporains ont remis en cause la conclusion d’I. Düring qui en faisait une fiction montée de toute pièce à partir d’un fait historiquement vrai. Notre commentaire littéraire n’est peut-être pas aussi complet ni aussi détaillé que l’on aurait pu l’espérer, comme un commentaire plus strictement linéaire aurait pu le faire. Mais il nous a semblé qu’il gagnerait en clarté et en concision sous une forme synthétique, au risque de négliger souvent l’agencement des mots et des phrases, le style narratif du texte, plus travaillé qu’il n’y paraît d’abord.

Quelle que soit la modestie de ce travail, nous espérons qu’il apportera un regard neuf sur ce texte méconnu, et contribuera à redorer l’image d’un genre négligé de ce côté-ci du Rhin et de l’Atlantique, la littérature épistolaire, alors que la société actuelle et tous les arts contemporains orientent leur intérêt vers la sphère intime.


La science n'ayant d'intérêt que partagée, je mets à disposition le texte de mon mémoire de Maîtrise sous forme de fichiers PDF zippés, à télécharger: Chion-PDF.zip. On ne trouvera pas le texte grec (Annexe II), que j'avais repris de l'édition d’Ingemar Düring, publiée dans Chion of Heraklea. A novel in letters, Göteborgs Högskols Årsskrift 57/5, Göteborg, 1951.
Mais attention ! Soyez sympa de ne pas me pirater complètement! Si vous devez utiliser une partie de mon travail, je vous prie de bien vouloir citer votre source sous la forme :
"LAUDENBACH, Benoît, Les lettres de Chion d'Héraclée
et la littérature épistolaire antique :
analyse textuelle et traduction
,
mémoire de Maîtrise soutenu sous la direction de Gérard Lambin, Rennes II, 2001".

Puisse-t-il servir à la communauté scientifique et au grand public!...



© 2005 Benoît Laudenbach