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Le livre XVII de la Géographie de Strabon

établissement du texte, traduction, commentaire

Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une thèse de doctorat dirigée par Jean Gascou dont l’objet est l’édition critique du livre XVII de la Géographie de Strabon d’Amasée (écrivain de langue grecque, c. 63 av. J.-C. / 25 ap. J.-C.). Ce livre est consacré à l’Égypte, l’Éthiopie et la Libye, et n'est qu'une petite portion d'un grand ensemble décrivant la totalité du monde connu sous Auguste. Ces régions sont vues sous leurs différents aspects géographiques, topographique, administratif, politique, économique, sociologique, zoologique, et botanique. L'édition de ce texte doit déboucher sur une publication dans la Collection des Universités de France (dite collection Budé), mettant ainsi un terme à l'édition française de la Géographie commencée par François Lasserre et Germaine Aujac en 1969.

Le travail d'édition se fait en trois étapes plus ou moins successives mais qui s'éclaires l'une l'autre:
  1. l'édition proprement dite :
    c'est-à-dire l'établissement du texte de l'auteur dans sa langue originale, le grec. Strabon ne nous a laissé aucun exemplaire autographe de sa Géographie, comme c'est le cas de la majeure partie des œuvres de l'Antiquité. Mais nous disposons de plusieurs copies médiévales toutes un peu différentes les unes des autres. La comparaison de ces copies, de leurs points communs et de leurs différences, permet à l'éditeur de reconstruire un texte qu'il jugera le plus proche possible du texte original, avec une marge d'erreur que seule la découverte de copies très anciennes permettrait d'évaluer. Ce processus s'appelle la collation des manuscrits et débouche sur la production d'un texte supposé original, assorti des variantes manuscrites que l'éditeur n'aura pas retenues (réunies dans ce qu'on appelle un apparat critique).

    Il y a une dizaine de manuscrits utiles à l'établissement du texte du livre XVII de Strabon, répartis dans quelques bibliothèques européennes, à la Bibliothèque nationale de France, au Vatican, à Florence, Venise, Madrid, Heidelberg.


  2. la traduction :
    Le texte grec sera assorti d'une nouvelle traduction française en regard. Elle est déjà une forme d'interprétation du texte puisqu'elle se doit de prendre en compte les variantes retenues lors de l'établissement du texte et d'éclairer les passages obscurs du texte. L'écriture de Strabon est assez contournée et laborieuse. Pire que la mienne!...


  3. le commentaire :
    Le commentaire sera basé sur une comparaison entre le texte de Strabon, ses sources (Homère, Hérodote, Eratosthène, Polybe, Posidonius d’Apamée…) et les différentes données scientifiques à notre disposition (archéologie, papyrologie, géologie, topographie…). Ceci permettra d’une part de mettre à l’épreuve la fiabilité des informations de Strabon, de tenter de donner une image plus précise des régions en question au Ier siècle av. J.-C. et d’autre part de voir à travers quel prisme méthodologique et idéologique l’auteur observe ces régions : quels sont les rapports qu’entretiennent la géographie et l’histoire dans cette partie de l’œuvre de Strabon ? quel est le style de l'auteur ? etc.





~des recherches en papyrologie


© 2005 Benoît Laudenbach